23 avril 2018

Cassandra Vallès: la bénévole au grand cœur

JCCM

Planificatrice de production chez Analogic Canada, Cassandra Vallès est détentrice d’un Baccalauréat en Administration des Affaires de l’École des Sciences de la Gestion de l’UQAM. Elle termine actuellement un Microprogramme en Analyse d’Affaires au HEC. Ses années d’expérience et ses voyages lui ont permis, entre autres, de développer de solides compétences stratégiques en sourcing, en planification, en négociation, en logistique et en travail d’équipe. Cassandra est une passionnée de la gestion des opérations, de la logistique, du tourisme, de l’entrepreneuriat social et des technologies de l’information. De plus, s’impliquer pour elle est comme une deuxième nature. Par engagement citoyen, elle s’implique depuis plusieurs années dans plusieurs causes qui lui tiennent à cœur et siège sur deux conseils d’administration.

Peux-tu nous décrire en quelques mots ce que tu fais chez Analogic Canada?

Je suis actuellement planificatrice de production chez Analogic Canada. C’est une entreprise qui évolue dans le domaine de l’imagerie médicale. Nous fabriquons et innovons dans les appareils pour la mammographie. Cela fait deux ans que je suis chez Analogic. Au départ, j’y suis rentrée en tant qu’acheteuse et puis récemment, j’ai évolué pour devenir planificatrice de production. Mon rôle est de gérer le flot de production pour les différents clients de la compagnie.

En regardant ton profil et tes études, on remarque que tu es beaucoup dans le domaine des affaires? Est-ce quelque chose qui t’a toujours passionnée?

Pas nécessairement! Après mes études primaire et secondaire en Haïti, je cherchais vraiment dans quoi j’avais envie de me lancer. J’étais un peu perdue entre tous les choix qui s’offraient à moi. Après quelques réflexions et quelques essais, j’ai décidé de m’inscrire au Baccalauréat en administration de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM. Je dirais que le déclic s’est fait lorsque j’ai eu mon premier cours en gestion des opérations. J’ai pu voir, à travers cette formation, que plusieurs portes pouvaient s’ouvrir devant moi grâce à cette branche. Au final, cela m’a permis de travailler dans des secteurs très dynamiques et novateurs et  pour des entreprises comme IBM, Alcoa et maintenant Analogic.  

En relation avec ton travail, tu t’es beaucoup impliquée en tant que membre, mais aussi en tant que bénévole à la JCCM. Depuis quand en fais-tu partie?

Depuis toujours, je me suis beaucoup impliquée bénévolement que ce soit à l’école ou en dehors de l’école. J’ai été tutrice, membre du journal Horizons Économiques et du comité qui accueillait les étudiants en échange. Parallèlement, au fil des années, je me suis également beaucoup impliquée à des causes liées au social ou à l’entreprenariat que ce soit pour la Croix-Rouge, Élégance Beauté Fierté, le Salon des jeunes entrepreneurs International, le Phare Enfants et familles et bien d’autres. 

Après mon bac, je trouvais que c’était important de toujours garder cette vision de redonner au suivant. J’avais cette envie de m’impliquer davantage dans le milieu des affaires, et c’est ce qui m’a amené à m’intéresser à la JCCM.  Je suis membre de la Jeune Chambre de commerce de Montréal depuis maintenant trois ans. J’ai d’abord commencé à aller à quelques 6@8, puis est venu mon implication. J’ai été impliquée dans plusieurs comités: Mentorat, Cocktail & Gala des collaborateurs, Présélection ARISTA, Je fais Montréal.

Qu’est-ce que ça t’a apporté cette implication au sein de la JCCM?

Je suis quelqu’un d’assez introverti. Cependant, pour le parcours que j’aimerais accomplir, il faut être capable de parler devant des gens sans gêne. Je me suis donc dit qu’il fallait vraiment que je travaille sur cet aspect de ma personnalité. Je me suis donc obligée à aller aux activités de réseautage de la JCCM pour combattre ma gêne. Au début, c’était assez difficile, mais tout au long j’ai fait l’effort d’y aller toute seule. Maintenant, je vois vraiment tout le progrès que j’ai pu faire depuis ces quelques années. Je sais que cela m’aidera dans le présent et le futur! De plus mon implication à la Jeune Chambre m’a ouverte sur la communauté d’affaires montréalaise qui est fascinante et toujours en pleine ébullition. Donc, en plus de me pousser à sortir de ma zone de confort, être membre de la JCCM me permet d’évoluer et d’explorer cet environnement éclectique et riche de professionnels intéressants avec lesquels j’apprends et je continue de grandir.

Tu as participé au RJA cet automne. Comment ça s’est passé pour toi?

Ça s’est extrêmement bien passé! Je m’étais inscrite au RJA parce que je siégeais déjà sur le conseil d’administration des Foyers de la Création, un organisme qui œuvre dans le domaine de la déficience intellectuelle et des troubles du spectre de l’autisme. Cependant, je n’avais jamais eu une formation quelconque en gouvernance et je n’avais pas les compétences nécessaires pour bien remplir mon rôle. Ne voulant plus utiliser mes manières artisanales, je désirais aller chercher les bonnes techniques et les bonnes pratiques pour être une administratrice compétente et rigoureuse. Aujourd’hui, je peux dire que je mets déjà en pratique plusieurs des éléments appris durant la formation. De plus, suite au SpeedBoard Dating, j’ai même intégré un nouveau conseil d’administration, celui du REVDEC. Cet organisme permet aux jeunes décrocheurs et décrocheuses, et aux élèves traversant des difficultés scolaires, personnelles ou sociales importantes, les empêchant de fonctionner au sein de leur école, un temps de recul face à leur situation scolaire ou personnelle. 

Tu es présentement en train de compléter la formation RJE, depuis quand avais-tu cette fibre entrepreneuriale en toi?

Depuis très longtemps, je sens que j’ai la fibre entrepreneuriale, mais je n’ai vraiment su comment me lancer dans ce grand projet. Je me suis donc inscrite au RJE pour me permettre de réaliser mon idée. Étant haïtienne et vivant au Québec, j’avais envie de créer un projet qui me permettrait de relier ces deux cultures. Ce que j’aimerai donc faire, c’est l’importation responsable et équitable du café haïtien au Québec. Je trouve que le café haïtien n’est pas assez reconnu internationalement et j’aimerais que cela change. Pour l’instant, ce projet est encore au stade pré-embryonnaire, mais j’espère qu’il pourra voir le jour rapidement. Parallèlement, je travaille également sur un autre projet dans le domaine du tourisme. 

. Est-ce que tu sens que cette formation t’a aidé à développer ton idée? As-tu eu la chance de rencontrer des entrepreneurs ou des conférenciers qui t’ont marqué?

Cette formation m’a donné le contenu essentiel pour m’aider à bâtir mon idée en projet. Sous la forme d’atelier, on nous a appris: les stratégies marketing, la prévision financière et la comptabilité, la vente et la négociation, le financement, l’art du pitch ou bien encore l'intelligence émotionnelle et le management. Les formateurs sont là pour nous pousser, pour nous aider à structurer notre projet. C’est vraiment une belle formation! Je suis entourée de plusieurs autres entrepreneurs qui sont à des stades différents dans leur projet, et c’est vraiment inspirant de nous voir tous travailler ensemble. On peut dire que le RJE, c’est un peu comme un incubateur qui nous force à réfléchir sur notre projet, et surtout, à passer à l’action et à nous entraider. 

Questions « funky »

Si tu avais à choisir entre Haïti et le Québec, quel serait ton choix?

Ah, c’est une question piège ça! Mais très certainement, je dirais les deux. Haïti parce que c’est mon pays. Je suis une fille des îles, j’aime quand il fait chaud. J’adore la culture caribéenne, ça fait partie de moi. Québec, plus précisément Montréal, parce que c’est une plaque tournante. C’est une ville vibrante où il y a toujours mille et une activités à faire. J’aime sa diversité et son foisonnement d’idées. En somme, je suis une fière canado-haïtienne. 

Avec tous les voyages que tu fais, lequel as-tu préféré?

Il n’y a pas vraiment un voyage que j’ai préféré à un autre. Je les ai tous aimés pour plein de raisons. Chacun des pays dans lesquels je suis allée m’a apporté quelque chose, tant au niveau de la culture que de la spiritualité. J’ai eu la chance de faires des activités intéressantes et de rencontrer des gens formidables! Cette année, j’ai été sélectionnée par Les Offices jeunesse internationaux du Québec (LOJIQ) pour participer à  Élan Haïti 2018 qui est un grand rassemblement international organisé par le Groupe ÉCHO Haïti où 100 jeunes leaders internationaux se rassembleront pour débattre sur plusieurs sujets et participer à la réalisation de projets viables en Haïti. 

Qu’est-ce que tu te souhaites pour l’avenir?

Souvent on entend les gens dire : « Je cherche ma place sur cette planète ». Et bien, j’aimerais, dans le futur, être capable de parfaitement verbaliser ce qui bouillonne en moi pour pouvoir dire sereinement un jour: « J’ai parfaitement trouvé ma voie et je suis à la bonne place ».  J’aimerais pouvoir vivre pleinement de ce qui me passionne tout en sachant que je fais quelque chose qui impacte positivement mon environnement. Je veux pourvoir rassembler efficacement la gestion des opérations, les technologies de l’information, le tourisme et l’entrepreneuriat social en un véritable «melting pot» sensé, viable,  harmonieux et gagnant. De plus, sachant que je suis une personne dynamique et qui aime relever des défis stimulants, je me souhaite de toujours pourvoir travailler sur des projets novateurs et arriver concrètement à poser ma pierre à la construction d’un monde plus juste et égalitaire.