28 novembre 2018

Philippe Lanthier: un défenseur pour l'environnement

JCCM

Conseiller en développement durable, Philippe Lanthier se donne pour mission de soulever la réflexion des modèles d'affaires en entreprise. Bénévole assidu dans de nombreuses organisations, dont la JCCM, il recherche constamment des solutions meilleures pour notre environnement. À travers son parcours, Philippe Lanthier représente fidèlement cette nouvelle relève d'affaires portant à coeur les enjeux environnementaux et entrepreneuriaux d'aujourd'hui.

Parlez-nous un peu de vous et de votre parcours en quelques lignes.

Je suis Philippe Lanthier, conseiller en développement durable chez Energir depuis 5 ans. Cela fait une douzaine d’années que je travaille dans ce domaine. Mon parcours a été assez varié. J’ai fait un baccalauréat en économie et développement international à McGill. À l’époque, je souhaitais faire un travail beaucoup plus orienté vers développement international à travers des ONG. Puis j’ai eu cette volonté d’apporter un changement rapide et réel concernant des enjeux que connaissent les entreprises avec le développement durable. Je souhaitais questionner les modèles d’affaires et pousser à la réflexion. Je me suis donc inscrit à HEC dans un DESS en gestion et développement durable et c’est là que j’ai vraiment commencé à m’impliquer, notamment sur le conseil d’administration de Catalethique, un organisme qui organise des 6@8 mensuels sur des thématiques de développement durable en affaires. Ensuite, j’ai commencé à travailler chez Takt Etik, une entreprise de service-conseil en développement durable. Un des enjeux principaux à cette époque, c’était surtout de définir ce qu’était le développement durable pour le secteur d’activités d’une entreprise.

J’ai eu la chance de travailler ensuite chez Loto Québec. Puis j’ai intégré Gaz Métro, devenu Energir, grâce au réseau de la Jeune Chambre de Commerce de Montréal (JCCM).

Lorsque l’on tape votre nom sur Google, c’est le développement durable qui ressort principalement. Est-ce que c’est ce qui vous définit le plus?

Ma philosophie, c’est de travailler avec toutes les parties prenantes pour trouver les meilleures solutions d’un point de vue des affaires, de responsabilité environnementale et sociale en changeant nos manières de faire. Le concept de développement durable est large et ce n’est pas parce que tu as le titre que tu en fais plus qu’un autre. En fait, dans toutes les fonctions en entreprise, il y a toujours une capacité d’amener tes valeurs pour trouver des solutions durables. C’est la mission que je me donne dans ma carrière: être acteur de changement, travailler sur des projets pour lesquels je peux avoir un impact sur la performance environnementale et sociale d’une organisation, pour l’intégrer dans le modèle d’affaires.

À la JCCM, vous avez occupé plusieurs postes bénévoles au cours des dernières années: directeur développement durable, vice-président responsabilité sociale et enfin, administrateur au sein du comité de gouvernance sur le conseil d’administration. Pourquoi la JCCM?

La JCCM, c’est une école. J’ai commencé lorsque j’étais chez Catalethique, à l’occasion d’un événement lors de la Journée internationale des bénévoles, en 2009. Des membres de la JCCM étaient présents parmi les bénévoles. Ce sont les VP développement durable qui m’ont approché. Cette implication m’a tout de suite passionné: je voulais avoir un impact positif sur ma génération!

Quelle influence la JCCM a-t-elle jouée sur votre parcours?

La JCCM a joué un grand rôle dans mon parcours. Lors des soirées de réseautage ou de mon implication bénévole, j’ai rencontré des personnes exceptionnelles, tant à la direction générale qu’au sein des bénévoles. Certains sont devenus des amis. Mener un projet à la JCCM peut parfois être intense, mais je crois que ça a été un super beau passage et cela a marqué une étape dans ma carrière où je voulais développer et consolider des acquis: gouvernance, leadership, gestion de projet... La JCCM m’a permis d'accéder à mon poste actuel via des connaissances rencontrées lors de réseautage. Tu sais, tu ne peux pas juste ajouter des contacts sur LinkedIn ou faire du démarchage avec ton CV, il faut que tu rencontres des gens. Ça demeure toujours la meilleure façon de développer des contacts!

En septembre dernier, les membres se sont prononcés sur leurs enjeux prioritaires. 40% des enjeux choisis étaient en lien avec le développement durable. Quelle est votre opinion sur ce résultat?

Ça ne m’étonne absolument pas, parce que je pense que nous sommes la génération qui aura à subir et gérer les plus gros impacts du changement climatique. Je suis satisfait, aussi , de voir que c’est une des premières préoccupations de la relève d’affaires. Je me souviens, lorsque j’étais sur le CA, que nous avions déjà cette priorité à cœur, intégrée dans la stratégie même de la JCCM. Quand on parle de développement durable, on parle aussi de transport, de qualité de vie ou de rétention des talents. Aujourd’hui, les employeurs se soucient davantage du bien-être de leurs employés, par exemple. Ce sont de bonnes tendances, mais il faut en faire plus! La JCCM joue définitivement ce rôle-là. C’est un forum pour échanger sur les nouveaux modèles d’affaires et sur la transition énergétique.

On observe une prise de conscience accrue pour l’écologie et le développement durable. Que diriez-vous aux entreprises qui se sentent impuissantes, en termes de solutions à apporter, face à ces enjeux?

Lorsqu’on parle du rapport du GIEC ou des changements climatiques, on parle principalement des émissions de gaz à effet de serre (GES). Il est certain que l’entreprise doit s'interroger sur son impact écologique et sur les risques liés à ses opérations. La responsabilité des entreprises est de se dire: quel est notre bilan carbone? Même dans les PME, des plans carbone sont accessibles. Il faut donc se poser les bonnes questions, concernant l’impact environnemental de notre production, de nos fournisseurs, ou de nos moyens de transport par exemple. Penser à une économie circulaire pour le cycle de vie de notre produit. Il en va de la survie et de la pérennité de nos entreprises! Aujourd’hui, on observe un découplage entre la prospérité économique et les émissions de GES, donc on peut envisager un futur avec une économie qui fonctionne bien, tout en réduisant nos émissions de GES! Tout le monde a un impact, on peut tous faire quelque chose. Mon action professionnelle est basée sur cette logique-là, celle de dire que l’on peut faire des choses, que d’autres solutions existent. On est créatif à Montréal, utilisons nos atouts pour innover!

Questions funky

Si votre vie était un film, quel serait votre rôle?

Nos vies sont des films n’est-ce pas?! J’ose croire que je serais un protagoniste dans l’action. Actuellement, mon rôle, c’est de susciter la discussion, lever des réflexions pour mon entreprise, tant à l’interne qu’à l’externe, et je capte également les idées pour les intégrer dans l’entreprise. C’est un processus collectif. Donc dans un film, je serais entremetteur.

Quel est votre plus beau souvenir à la JCCM?

C’est la refonte de la gouvernance de la JCCM, qu’on a faite avec la direction générale et le conseil d’administration, et avec l’appui de personnes comme Richard Dancause et le conseil des parrains et marraines. Nous sentions que l’organisation avait besoin de changement dans sa structure et qu’il y avait ce consensus-là que nous devions faire. C’était un dossier épineux, avec de nombreux enjeux. Lorsque l’on touche aux rôles et responsabilités de chacun, cela peut devenir émotif... C’est un beau souvenir pour la bonne et simple raison que nous avons développé cette nouvelle structure en collaboration avec tous. Ensemble, on a pu corriger toutes nos idées pour bonifier le tout. Je pense que la JCCM s’en tire très bien aujourd’hui, avec de belles équipes, qui montrent que le nouveau modèle fonctionne. Je suis fier de voir cela.

Quelle personnalité vous inspire le plus?

Alex Honnold (grimpeur professionnel américain)! Je fais de l’escalade depuis une quinzaine d’années. Ça m’a beaucoup apporté sur mes capacités à gérer mes propres peurs, à me dépasser, et puis cela m’a amené dans plein de beaux endroits. Il y a un film récent, “Free solo”, sur cet homme. Alex Honnold, c’est quelqu’un qui, dans une aire où il y a beaucoup de “parleurs”, est un “faiseur”. Il a fait l'ascension en solo intégral de El Capitan, une falaise dans le parc national de Yosemite aux États-Unis. C’est une falaise verticale haute de 1km, avec une difficulté si grande que pour plusieurs, c’était impossible à gravir sans corde. Certains grimpent ce mur-là en 3 jours, lui, l’a grimpé, sans corde, en 4 heures! Il avait une vision grandiose et il a pris plusieurs années pour se préparer, tout en prenant des risques énormes. Il a mis sa vie en jeu. C’est une ascension historique, au sens athlétique et mental. Cet homme est inspirant, car il a osé rêver.