- ACTUALITÉ
- 31
- Août
- 2023

Être porte‑parole et ambassadrice de la Jeune Chambre de commerce de Montréal, c’est représenter une jeunesse d’affaires engagée dans le développement économique et social du Grand Montréal. C’est aussi assumer que cette parole est habitée par un parcours, des expériences et des identités qui influencent notre manière de lire le monde. En ce Mois de l’histoire des Noir·e·s, j’ai envie de prendre le temps de réfléchir à ce que cette période signifie pour moi, mais aussi à la trace durable que ces moments de reconnaissance laissent dans notre espace collectif, bien au‑delà du calendrier.
Une relation qui évolue dans le temps, nourrie par des rencontres, des apprentissages et des prises de conscience. Une relation qui m’amène à réfléchir à la manière dont ces différentes dimensions de mon parcours se côtoient et s’influencent, avec une incidence bien réelle sur la personne que je deviens.
Revenir sur ces trajectoires m’amène chaque fois à mesurer ce qui m’a façonnée. Grandir entre plusieurs univers m’a longtemps donné l’impression d’habiter un espace intermédiaire. Il m’a fallu du temps pour comprendre que ces mondes ne s’opposaient pas : ils coexistent, et c’est dans leur rencontre que j’ai appris à me reconnaître. Le Mois de l’histoire des Noir·e·s a été un allié dans ce cheminement. Une conversation, un livre, une exposition ou un témoignage suffit souvent à éclairer un autre angle, à nommer une sensation, à raviver une mémoire. À travers les artistes, les entrepreneur·e·s et les penseur·e·s que j’ai découverts, j’ai trouvé des repères qui m’aident à mieux comprendre mes origines et à imaginer la place que je souhaite occuper au sein de cette communauté.
Cette exploration m’a rappelé que la richesse culturelle se vit bien au‑delà des traditions et de l’ADN que l’on partage. Elle transforme notre regard, redéfinit nos repères et ouvre des chemins intérieurs. Elle rappelle qu’il existe mille manières d’habiter son identité. Avec le temps, j’ai compris que l’appartenance ne découle pas d’un seul héritage, mais de la liberté d’en embrasser plusieurs. De prendre un peu d’ici, un peu d’ailleurs, et de se construire un espace intérieur cohérent. Une démarche qui dépasse les questions d’origines et qui peut résonner dans de nombreuses trajectoires.
Montréal excelle à offrir ces espaces. C’est une ville où les histoires se croisent, s’influencent et se réinventent. Un endroit où l’on peut évoluer au rythme de ses cultures, sans devoir en effacer une partie pour être acceptée. Une ville qui encourage à occuper pleinement sa place, même lorsque l’identité ne suit pas des chemins linéaires.
Même lorsque notre profil ne correspond pas à ce que l’on s’attend à voir. Naviguer entre plusieurs identités peut parfois donner l’impression de devoir se justifier ou choisir, alors que cette pluralité constitue une force. Nous avons notre place dans chaque pièce où nous entrons, même si notre présence surprend ou bouscule. Ces moments, justement, enrichissent les conversations, les projets et les décisions.
Pour la jeunesse d’affaires comme pour la société québécoise, l’enjeu n’est plus seulement de célébrer la diversité, mais d’accepter qu’elle nous transforme. D’écouter réellement des voix différentes, de créer des ponts plutôt que des silos, et de reconnaître que notre force collective prend racine dans la rencontre. Lorsque nous acceptons d’élargir notre regard, les identités multiples cessent d’être perçues comme des exceptions pour devenir une richesse.
Et si nous choisissons véritablement de nous accueillir au pluriel dans nos entreprises, nos institutions, nos relations, chaque personne pourrait alors offrir ce qu’elle porte de plus vrai. C’est ainsi que l’on contribue à un Québec fidèle à ce qu’il aspire à être, en permettant à toutes et tous d’embrasser notre pluralité.
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