- ACTUALITÉ
- 31
- Août
- 2023

Pour des milliers d’immigrants et immigrantes qualifiées qui ont choisi le Québec, étudié dans nos universités et intégré notre marché du travail, la décision de supprimer le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) représente une source profonde d’incertitude, de stress et d’anxiété. Mais au-delà des parcours individuels, c’est tout l’écosystème économique montréalais qui va en subir les contrecoups.
Le PEQ constituait un levier stratégique. Il permettait à des talents déjà formés ici, francisés et intégrés, d’obtenir un statut permanent et de s’ancrer durablement au Québec. Supprimer ou restreindre ce programme, comme le fait le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), c’est envoyer un signal clair :
La main-d’œuvre qualifiée ne viendra plus, ou, pire encore, elle viendra pour repartir ailleurs.
Le PSTQ défavorise les immigrant·e·s temporaires souhaitant s'établir dans la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), en donnant davantage de points aux personnes candidates des régions, mais aussi ceux et celles ayant davantage d'expérience. Le PSTQ fonctionne sur un système de pointage, plus le pointage est élevé, plus les candidat·e·s ont de chances d'être sélectionné·e·s. Ces points sont accordés selon de nombreux critères comme l'âge, l'expérience professionnelle, le niveau de français, et le lieu de l’emploi. Par exemple, pour une offre d’emploi à Montréal, un·e candidat·e recevra 30 points, contre 50 pour une offre hors CMM.
Déjà confrontées à une rareté criante de talents, les entreprises montréalaises ne peuvent se permettre de perdre des travailleur·euse·s hautement qualifié·e·s qu’elles ont contribué à former. Forcer ces professionnel·le·s à quitter après leurs études ou quelques années d’emploi, c’est fragiliser les équipes, ralentir les projets et freiner l’innovation. C’est aussi décourager la relève entrepreneuriale : comment encourager le repreneuriat et la création d’entreprises si l’on complique la trajectoire de celles et ceux qui souhaitent investir leur avenir ici ?
Nos universités, qui figurent parmi les piliers de notre développement économique, en font déjà les frais. La réduction des perspectives d’établissement permanent, c'est-à-dire moins d’options pour obtenir la résidence permanente au Québec, s’ajoute à d’autres signaux préoccupants, comme la baisse des quotas universitaires pour les étudiants internationaux.
Résultat : moins de talents choisissent Montréal, et ceux qui y étudient envisagent désormais de quitter dès la fin de leur diplôme. Cette incertitude nourrit l’anxiété, autant chez les étudiant·e·s que chez les employeur·euse·s qui misent sur eux.
Les critiques ne proviennent pas uniquement du milieu des affaires. Les élu·e·s municipaux, des regroupements de citoyen·ne·s, le milieu universitaire, des expert·e·s en immigration ont également exprimé leurs inquiétudes quant aux impacts économiques et sociaux d’un tel virage. À Montréal, Québec et Laval, Soraya Martinez, Bruno Marchand et Stéphane Boyer ont tour à tour souligné l’importance d’une immigration économique stable et prévisible pour soutenir la croissance de leurs villes.
Pour la Jeune Chambre de commerce de Montréal (JCCM) et ses membres, l’enjeu est fondamental. En tant que membre bénévole de la JCCM, je sais que l’organisme porte depuis toujours des priorités claires : favoriser l’entrepreneuriat, soutenir la relève d’affaires, renforcer l’attractivité de Montréal et assurer un environnement propice à l’innovation.
La suppression du PEQ va à l’encontre de ces objectifs. Elle complique la planification stratégique des entreprises, affaiblit la confiance des investisseur·euse·s et compromet la compétitivité de notre métropole.
Le ou la prochain·e premier‚ère ministre du Québec devra entendre ce message. Redonner espoir à la relève montréalaise, c’est rétablir un cadre clair, prévisible et cohérent en matière d’immigration économique. C’est reconnaître que les talents formés ici constituent un investissement collectif, non une variable d’ajustement politique.
Le Québec a bâti sa prospérité sur son audace et son ouverture.
Pour la relève, pour nos entreprises et pour notre rayonnement international, il est temps de faire le bon choix.
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